De gauche à droite, Pierre Sens et Florent Krzakala Crédits : ESPCI ParisTechPierre Sens et Florent Krzakala sont physiciens théoriciens, tous deux membres du laboratoire Gulliver. Cette année, ils ont l’un et l’autre décroché une bourse de recherche internationale pour développer des projets transdisciplinaires innovants. De l’acquisition comprimée de données à la mobilité des cellules, rencontre avec deux scientifiques qui voient grand au sein d’un labo spécialiste des changements d’échelle.
Deux financements internationaux : Une bourse européenne pour Florent Krzakala
Florent Krzakala est l’un des lauréats 2012 des bourses de recherche remises chaque année par le European Research Council. « Son montant d’un million d’euros financera notamment quatre post-doctorants durant les cinq prochaines années », explique Florent Krzakala.
Il doit tout d’abord composer cette équipe de recherche. Ses caractéristiques ? « Transdisciplinaire, interculturelle, forcément internationale, à la fois très fondamentale et très appliquée, au carrefour de l’informatique, des mathématiques et de la physique ».
Chaque année, le jury ERC sélectionne des parcours individuels et des projets "sur le seul critère de l’excellence scientifique d’un chercheur et de la force innovante de son idée, quels que soient sa nationalité, son âge ou son domaine de recherche". Chaque bourse est personnelle et confère une grande autonomie à son bénéficiaire.
En 2011, Sylvain Gigan, enseignant chercheur à l’Ecole, était lui aussi bénéficiaire d’une bourse de recherche ERC.
En 2012, Florent Krzakala, fort de premiers résultats scientifiques prometteurs, est allé présenter son projet devant le jury européen des bourses ERC. Un jury ? Plutôt deux !
Si l’examen du dossier a été effectué par des physiciens, il a passé l’oral devant des scientifiques issus d’une autre communauté, celle du traitement du signal. « C’est que mon projet est à la croisée des chemins, détaille Florent Krzakala. Les physiciens qui ont examiné ma candidature en première instance ont eux-mêmes décidé d’impliquer des électroniciens et des mathématiciens. Mon projet a en quelque sorte reçu une double validation. »
Pierre Sens soutenu par le Human Frontier Science Program
Pierre Sens a lui aussi présenté un projet de recherche devant le jury d’une autre organisation internationale : l’Human Frontier Science Program (HFSP).
Fondé en 1986 à l’initiative du Japon, ce programme international finance des recherches sur les mécanismes complexes des organismes vivants.
La recherche est financée à tous les niveaux de complexité biologique, des biomolécules aux interactions entre les organismes. Les subventions sont accordées pour des projets de recherche novateurs impliquant une collaboration étroite entre les équipes de chercheurs indépendants travaillant dans différents pays et dans différentes disciplines.
Objectif atteint ! Pierre Sens va lui aussi bénéficier d’une bourse partagée avec ses partenaires, bourse assez conséquente pour financer deux post-doctorants à ses côtés durant deux ans. Un succès qui souligne le sérieux de l’entreprise : en effet, l’HFSP ne soutient que 10 % des projets présentés. « Nous réunissions plusieurs atouts prisés par le jury, glisse Pierre Sens. En particulier, une équipe de recherche internationale, interdisciplinaire, incluant de la modélisation théorique ».
A lire page suivante : comment Florent Krzakala et ses collègues ont résolu un problème réputé insoluble.