A la découverte de la mémoire
L’élection de Thomas Préat fait suite à la parution de trois articles importants émanant du laboratoire de Neurobiologie, articles publiés dans les revues Neuron et Nature Neuroscience.
Au cœur de ces travaux : la compréhension du fonctionnement de la mémoire chez la mouche drosophile qui, comme l’homme, dispose d’une mémoire à court terme et d’une mémoire à long terme. En ligne de mire : la maladie d’Alzheimer.
"Nous savons que la mémoire se forme dans les , soit 2000 neurones sur les 100 000 que contient le cerveau de la mouche. Ces 2000 neurones abritent le siège de la mémoire olfactive à long terme et à court terme. L’homme aussi ne retient pas tout. Le cerveau doit trier, décider de ce qui est stocké pour toute la vie ou pour quelques heures."
1994 : Recrutement au CNRS Chargé de Recherche 1ère classe et création d’une équipe ATIPE (Institut Alfred Fessard, CNRS, Gif-sur-Yvette)
2004 : Directeur de Recherche 1ère classe au CNRS
2005 : Lauréat de la Fondation Schlumberger pour l’Enseignement et la Recherche
2006 : Lauréat de la Fondation Schueller-Bettencourt (Programme « Coup d’élan pour la recherche francaise »)
2006 : Directeur du Laboratoire "Gènes et Dynamique des Systèmes de Mémoire" à l’ESPCI
2012 : Directeur du Laboratoire de Neurobiologie CNRS-ESPCI, élu Membre de l’EMBO
Quatre neurones clés
"Nous avons compris, grâce à nos travaux, le mécanisme qui permet de trier les informations retenues pour quelques heures ou pour toute la vie de l’animal. Surprise : seules deux paires de neurones contrôlent ce tri. Si on les bloque, il n’y a plus de mémoire à long terme. Si on les active par méthode génétique, la mémoire à long terme est favorisée. Ces deux paires de neurones secrètent de la dopamine irriguant 400 neurones situés dans les ."
"Quand la mouche est présentée une fois à un stimulus olfactif, sa mémoire à court terme est mobilisée. Pour solliciter la mémoire à long terme, la mouche subit cinq présentations - à différents moments - associées à un léger choc électrique.
Nous avons découvert que la dopamine est libérée plus rapidement et plus régulièrement, et à une cadence particulièrement précise, au cours des cinq présentations - même espacées - aux stimulus".
L’ESPCI ParisTech facilite les découvertes
Pour Thomas Préat, « ces résultats sont le fruit de recherches menées grâce au soutien de l’Ecole. Nous avons la chance de bénéficier sur place d’un , utilisé dans mon équipe à plein temps. Sans l’Ecole et le soutien financier de la Ville de Paris, nous ne figurerions très probablement plus parmi les leaders mondiaux de l’étude du cerveau de la drosophile !"
Au-delà de la dotation matérielle, la culture de l’interdisciplinarité, caractéristique de l’établissement, est un atout. "Nous travaillons aussi avec des physiciens et parmi eux, je veux citer Pierre-Yves Plaçais, jeune post doctorant. Il a réussi à mettre en évidence les oscillations des deux paires de neurones dopaminergiques qui sont au cœur de notre dernière publication."
Référence :
Plaçais, P.-Y., Trannoy, S., Isabel, G., et al. (2012). Slow oscillations in two pairs of dopaminergic neurons gate long-term memory formation in Drosophila. Nature Neurosci, 15(4) : 592-599.
A consulter :
Le site de l’EMBO
Le site de l’EMBL
Le site du laboratoire de Neurobiologie
Le site du laboratoire Gènes et dynamique des systèmes de mémoire
A lire aussi :
Les chercheurs font l’article : la vie sans dopamine